Honnêtement je ne vais pas une
nouvelle fois ici me faire la promesse d’écrire plus régulièrement sur ce
carnet intime qui n’est que l’ombre de lui-même. Lassitude ? Même pas.
Mais il est tellement plus facile de rédiger un tweet que de se concentrer sur
une écriture plus profonde à défaut d’être particulièrement intéressante.
Pourtant
la succession de vrais et de faux confinements, les doutes mais aussi les
vacances et l’avenir qui ne peut être que meilleur auraient été de bons sujets.
C’est que depuis le 6 janvier (dernier post) où l’on se souhaitait le meilleur
il s’en est passé des choses et pas nécessairement toujours en bien.
Très vite le décès brutal d’une
tante d’Alexandre. Coup de massue. Enterrement glacial. Cérémonie dans cette
église si familière de Niort à jamais synonyme de mort.
Des vacances en Inde, toujours.
Les dernières avant quelques temps manifestement. 15 jours entre Amritsar, Haridwar,
Lucknow, Varanasi, Agra et Delhi. Quinze jours, juste avant la tempête du Covid-19.
Quinze jours de vacances avec ma tante. De merveilleuses vacances dont le
souvenir encore aujourd’hui m’émeut profondément. D’abord et encore parce que c’était
l’Inde et pour une bonne partie parce qu’il y avait Marianne avec nous. J’aimerai
tellement repartir demain pour vivre à nouveau ces sensations. Je ne pense qu’à
l’Inde.
J’espère que nous pourrons les
revivre.
Le confinement, le télétravail,
les heures passées à la maison, la peur du dehors, la peur des autres, les
messages anxiogènes. Et par-dessus tout cela un soleil éclatant, le plaisir de
ne rien faire, l’impossibilité de lire mais le plaisir de faire du sport. Le jardinage,
la préparation des repas. Comme une parenthèse. Sensation mêlée de chaos et d’absolue
tranquillité. Puis l’infarctus de papa. Badaboum. Plus de peur que de mal. Mais
impression sur l’instant que le sol se dérobe, comme si les mots prononcés n’avaient
pas de sens et ne s’adressaient pas à moi.
Puis le retour au travail du
moins physiquement, retrouver petit à petit les réflexes d’avant mais toujours
avec le sentiment d’avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Saint Ouen
passe à gauche ! Enfin ! Tant mieux ! Les vacances d’été, le
soleil toujours et encore. Le mariage de Nic et Jane, mon frère. Formidable de
se retrouver dehors, heureux, un des plus beaux week-ends de l’année.
Les vacances en Sicile. Le soleil,
la chaleur, la nourriture, les balades, les découvertes. Ne rien faire, mais
plus loin. Puis Oléron et Niort. Un mois d’août avant de revenir vers la tempête
et les nuages qui recommencent à s’accumuler. La mère d’une amie qui décède en
quelques jours. Deuxième enterrement. Puis le diabète d’Hannah, 4 ans, ma
nièce. Tristesse mais aussi joie de voir que cette petite fille est presque
plus forte que nous. Allez on reprend une glace du coup.
Des week-ends en Bourgogne, à
Nantes, à Béziers pour rattraper un peu le temps avant que les distances ne se
raccourcissent et que les portes du confinement ne se referment.
Puis le voilà à nouveau, le confinement.
Mais pas le vrai, pas celui qui fut une parenthèse. Non on reste au travail
mais on nous interdit de nous voir, de nous retrouver, de sortir et de nous
amuser. Métro, boulot, dodo. Il fait gris, il pleut, les jours raccourcissent. Sale
temps.
Et puis c’est au tour de la grand-mère
d’Alexandre de mourir. Troisième enterrement. Joli. Glacial. Sous le soleil.
Onze mois se sont écoulés depuis
le dernier post et beaucoup de choses ont changé. Notre regard que l’on porte
sur le monde a changé. Comme si tout s’était rapetissé.