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mercredi 30 décembre 2020

Au bout du bout

Alors que 2021 n’a pas encore débuté et que 2020 touche à sa fin le moins que l’on puisse dire c’est que ce que nous nous étions souhaités il y a de cela un an a été particulièrement bouleversé. Ce qui m’est arrivé, vous est également arrivé et nous est arrivé à chacun d’entre nous. Et même si chacun a vécu les évènements à sa manière chacun d’entre nous ne sera plus tout à fait le même après avoir vécu cette année. On parlera de la pandémie comme nos parents parlaient de mai 1968, de la sécheresse de 1976, de Tchernobyl en 1986 et comme nous parlons des attentats de septembre 2001, de la canicule de 2003, du tsunami de 2004, de Fukushima en 2012, des attentats de Charlie Hebdo de 2015, …

2020 restera comme une année suspendue. Presque une année pour rien. Mais finalement une année où nous nous serons rendus compte collectivement que nous ne sommes pas grand-chose.

Certains diront que demain ne sera plus pareil. J’en doute. Je suis même persuadé du contraire. Une fois vaccinés nous reprendrons le cours de nos vies et tout redeviendra comme avant. C’est d’ailleurs peut être mieux ainsi.

Mais en cette fin de 2020 j’avais envie de regarder, pèle mêle, les photos de l’année écoulée. Sans légende et sans classement. Comme elles viennent. 


























jeudi 12 novembre 2020

Onze mois

Honnêtement je ne vais pas une nouvelle fois ici me faire la promesse d’écrire plus régulièrement sur ce carnet intime qui n’est que l’ombre de lui-même. Lassitude ? Même pas. 

Mais il est tellement plus facile de rédiger un tweet que de se concentrer sur une écriture plus profonde à défaut d’être particulièrement intéressante. 

Pourtant la succession de vrais et de faux confinements, les doutes mais aussi les vacances et l’avenir qui ne peut être que meilleur auraient été de bons sujets. C’est que depuis le 6 janvier (dernier post) où l’on se souhaitait le meilleur il s’en est passé des choses et pas nécessairement toujours en bien.

Très vite le décès brutal d’une tante d’Alexandre. Coup de massue. Enterrement glacial. Cérémonie dans cette église si familière de Niort à jamais synonyme de mort.

Des vacances en Inde, toujours. Les dernières avant quelques temps manifestement. 15 jours entre Amritsar, Haridwar, Lucknow, Varanasi, Agra et Delhi. Quinze jours, juste avant la tempête du Covid-19. Quinze jours de vacances avec ma tante. De merveilleuses vacances dont le souvenir encore aujourd’hui m’émeut profondément. D’abord et encore parce que c’était l’Inde et pour une bonne partie parce qu’il y avait Marianne avec nous. J’aimerai tellement repartir demain pour vivre à nouveau ces sensations. Je ne pense qu’à l’Inde.

J’espère que nous pourrons les revivre.

Le confinement, le télétravail, les heures passées à la maison, la peur du dehors, la peur des autres, les messages anxiogènes. Et par-dessus tout cela un soleil éclatant, le plaisir de ne rien faire, l’impossibilité de lire mais le plaisir de faire du sport. Le jardinage, la préparation des repas. Comme une parenthèse. Sensation mêlée de chaos et d’absolue tranquillité. Puis l’infarctus de papa. Badaboum. Plus de peur que de mal. Mais impression sur l’instant que le sol se dérobe, comme si les mots prononcés n’avaient pas de sens et ne s’adressaient pas à moi.

Puis le retour au travail du moins physiquement, retrouver petit à petit les réflexes d’avant mais toujours avec le sentiment d’avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Saint Ouen passe à gauche ! Enfin ! Tant mieux ! Les vacances d’été, le soleil toujours et encore. Le mariage de Nic et Jane, mon frère. Formidable de se retrouver dehors, heureux, un des plus beaux week-ends de l’année.

Les vacances en Sicile. Le soleil, la chaleur, la nourriture, les balades, les découvertes. Ne rien faire, mais plus loin. Puis Oléron et Niort. Un mois d’août avant de revenir vers la tempête et les nuages qui recommencent à s’accumuler. La mère d’une amie qui décède en quelques jours. Deuxième enterrement. Puis le diabète d’Hannah, 4 ans, ma nièce. Tristesse mais aussi joie de voir que cette petite fille est presque plus forte que nous. Allez on reprend une glace du coup.

Des week-ends en Bourgogne, à Nantes, à Béziers pour rattraper un peu le temps avant que les distances ne se raccourcissent et que les portes du confinement ne se referment.

Puis le voilà à nouveau, le confinement. Mais pas le vrai, pas celui qui fut une parenthèse. Non on reste au travail mais on nous interdit de nous voir, de nous retrouver, de sortir et de nous amuser. Métro, boulot, dodo. Il fait gris, il pleut, les jours raccourcissent. Sale temps.

Et puis c’est au tour de la grand-mère d’Alexandre de mourir. Troisième enterrement. Joli. Glacial. Sous le soleil.

Onze mois se sont écoulés depuis le dernier post et beaucoup de choses ont changé. Notre regard que l’on porte sur le monde a changé. Comme si tout s’était rapetissé.



mardi 3 septembre 2019

Automne météorologique

Alors oui bien sûr il s’est passé beaucoup de choses ces deux derniers mois. 

Un mariage et pas des moindres, des vacances au soleil durant tout le mois de juillet (lambiner sur l’Ile d’Oléron). Un mois d’août à Paris avec une nouvelle virée à Oléron et dans l’Yonne, des BBQ, des balades à pieds et en vélo, des footings matinaux et d’autres moins. Des livres lus mais pas tant, tant le mariage occupait mon esprit, puis la fatigue, qui m’empêchait de garder les yeux ouverts. Des séries à regarder et comme tout le monde Years & Years que j’ai beaucoup aimé. Et Pose aussi. 

Et puis la lancinante question du travail qui me donne envie de prendre mes jambes à mon cou. 

S’évader en partant à Genève dans 10 jours. A Berlin pour la Toussaint, quelque part pour fêter le nouvel an ? Et deux semaines en Inde en février pour un parcours presque inédit : Delhi, Amristar, Hardiwar, Rishikesh, Lucknow, Varanasi, Agra et Delhi. Deux semaines de bonheur avec Alexandre et ma tante dans les bagages.

 

Toujours aussi hâte de partir à la (re) découverte de ce pays et (re) trouver Delhi. Du coup j’ai commandé une tripotée de livres sur l’Inde. Je dévore. Je ne comprends pas pourquoi les gens passent par Amazon pour acheter leurs livres. Le service de Gibert est hyper efficace et moins cher. Je suis adepte. J’ai envie que l’été se prolonge mais je le sens fuir.

lundi 5 août 2019

mardi 2 juillet 2019

Rotules

Sur les rotules. C’est un peu comme ça que je sens que je vais arriver péniblement à la fin de cette année et au début des vacances.
Je crois que je n’ai jamais autant désiré des vacances même si je crois que je les redoute aussi. Désiré car je pense que je suis épuisé même si j’ai parfois un peu de mal à me l’avouer. Redouté parce que y’a tout de même une big party à organiser le 13 juillet et que je ne suis pas très fort dans l’organisation des fêtes et autres petites sauteries. Du coup c’est vrai que je compte un peu beaucoup sur Alexandre pour prendre les choses en main. Plus j’angoisse et moins je suis efficace.
J’adore la une du Society de cette quinzaine. Je me suis fait arroser par des pompiers pour la première fois de ma vie lors de la dernière Gay pride. Rafraîchissant.
J’ai du mal à lire en ce moment. Je ne rentre pas dans les romans. Je pense que j’aurais l’esprit plus libre à partir du 14 juillet.
Recours devant le Tribunal administratif rejeté. On se sera bien battu mais le béton va couler sur les puces de Saint Ouen. Je garde espoir.
Nos roses trémières de banlieue tirent un peu la tronche, elles n’ont pas la beauté de celles d’Oléron.
Au moins j’ai ma tenue pour le 13 juillet. Reste juste à vérifier le fait de porter ou non une ceinture.
On a aussi le menu. Mais je ne dirai rien. Même sous la torture.
Je crois que tout est prêt ou presque mais comme avant un oral d’examen on a l’impression que rien n’est en ordre et que l’on a tout oublié.
C’est du vrac mais en ce moment c’est un peu mon état.
Repas au jardin

Magazine Society

mercredi 19 juin 2019

Semaine 25

Trop de froid. Trop de pluie. Trop de chaud. On ne sait plus comment s’habiller. En fait si on le sait puisque c’est costard cravate souliers vernis chaque jour que Dieu fait (oui avec une majuscule).

L’été c’est pas si mal sauf que dormir la fenêtre ouverte relève d’un combat de tous les instants. Envie de meurtre sur les caniches des voisins. Envie de torturer les mecs qui passent avec leurs enceintes portables connectées super basses dolby surround dans la rue à 3 heures du matin. Envie de crucifier les conducteurs des voitures qui décollent sur le dos d’âne placé pile poil en dessous des fenêtres de la chambre. Mais sinon je vais bien.
Je lis le dernier livre dont on ne sait pas trop ce qu’il est de Bret Easton Ellis. C’est toujours embarrassant de s’apercevoir qu’un artiste, auteur ne colle pas avec l’image que l’on se fait de lui. En fait ce mec est juste un gros beauf suffisant qui ne comprend pas le monde dans lequel il vit et qui fait part de ce qu’il considère comme ayant été un âge d’or dont il était partie prenante.
Maintenant que le mec a pris de la bedaine, a amassé un paquet de pognon le voilà qui peut ricaner sur les droitsdelhommiste comme disant les fachos chez nous et sur les libéraux comme disent les trumpistes là-bas. Bref je ne sais pas si j’arriverai au bout de ce pensum prétentieux et finalement un peu raciste je crois (même si le livre est tellement confus qu’en fait je n’en suis même pas sûr).
Le chat nous débarrasse des mouches. J’ai peur qu’il ingère une abeille. Du coup ce serait con car il tuerait une abeille qui est le dernier rempart avant l’effondrement de la biodiversité et lui-même par la même occasion.
Je me suis fait violence, je porte aujourd’hui pour la première fois un des deux costumes que j’ai acheté dernièrement. C’est con mais il me faut du temps avant de porter des habits neufs. J’ai peur de les abîmer.
Deux semaines que le producteur de légumes à des tomates. C’est le retour des salades.
J’ai signé sur le site gouvernemental pour l’organisation d’un référendum sur la privatisation envisagée d’ADP. Ne manque plus que 4 699 999 signatures. N’hésitez pas.
Samedi je retourne voir Myyyylène à L’Arena the last and maybe…
Fera t-il beau pour la Gaypride ? Fera t-il beau le 13 juillet ? Pour le moment on attend l’orage.

Chat qui dort sur fauteuil crapaud
Rue des Rosiers - Saint Ouen
Mylène Farmer - 15 juin 2019
Mylène Farmer - 15 juin 2019

vendredi 10 mai 2019

Alexandre


Je prends du plaisir à lire. Beaucoup. A lire en anglais aussi. A lire libé et des magazines. A regarder le jardin et à m’en occuper. A prendre le train. A conduire. A boire une bière légère après une chaude journée en Asie. A manger des fraises, des figues, des asperges, des tomates, de la marmelade d’orange, des moules, des langoustines, des huîtres. A boire du thé. Beaucoup. Beaucoup. Peut être parfois trop. A fumer une cigarette aussi trois fois par an. A boire un jus de citron. A marcher sur la plage de préférence à Oléron. A discuter avec des amis, avec ma famille, autour d’un barbecue dans le jardin. A lézarder sur la terrasse à Oléron. A écouter ma musique ou FIP. A faire du vélo. A courir sur les berges de Seine, dans le marais poitevin ou bien jusqu’au chenal d’Ors. Je prends aussi du plaisir à ne rien faire. Et je prends plaisir à partager tout cela avec Alexandre.

lundi 6 mai 2019

Retour de plage


Alors oui bien sûr il faut toujours revenir. Le corollaire des vacances c’est le travail. L’un ne va pas sans l’autre. Il n’y aurait pas de vacances sans les heures passées au bureau et dans les transports. Le problème c’est que les vacances passent toujours plus vite que le temps que nous passons à attendre qu’elles arrivent ou à regretter qu’elles soient passées. Les faux derches diront que rien ne vaut le travail, je le leur laisse.

Une semaine à Oléron. Entre lecture, merlu mayonnaise, tractage sur le marché du Château, bulots, balades sur la plage, langoustines, journal, fish  chips, balades sur la citadelle, rougets à la tapenade, footing jusqu’au chenal d’Ors, huîtres, salon du livre et brocante.

Une semaine à faire faire des devis, remplir un dossier de mariage, attendre la publication des bans, revisiter la salle, se donner des idées de déco. Se dire que dans presque deux mois c’est plié. La bague au doigt et tout ça.

Une semaine à Oléron c’est aussi retrouver la famille, du moins une partie, l’autre restera sur Facetime avant que nous soyons à nouveau réuni en juillet.

Je vous le confirme c’est la pleine saison des asperges, des fraises et des patates nouvelles. Les langoustines sont à 12 euros le kilo et la chocolatine est encore à moins de 1 euro, les joies de la province, les producteurs de légumes au marché et un panier de la ménagère à la hauteur des salaires pratiqués.

Lire aussi des revues. Un livre. Le dernier Houellebecq. Le premier de ma vie. J’avais un a priori très fortement négatif. Peut-être plus lié au physique de l’écrivain qu’à son écriture. Ce n’est finalement pas si mal. Horriblement cru. Je ne pensais pas. Quelques belles trouvailles néanmoins. Le mec semble assez doué tout de même et bien renseigné. C’est assez documenté et bien souvent ça tombe juste. Après les âmes sensibles dont je suis peuvent parfois trouver cela à la limite de l’illisible.

Se sentir écartelé entre Oléron et Saint Ouen aussi. Sentir que l’on est d’ici mais que la vie est ailleurs. Se prendre à rêver d’aller au travail en vélo en passant par les marais et oublier le RER D. Se prendre à rêver d’une vie où le périphérique serait remplacé par le viaduc et le marché de Saint Ouen par celui du Château. Les aubépines par les roses trémières et la valériane. Et puis il faut bien arrêter de rêver. Et rentrer. Le Château – Rochefort – Surgères – Niort – Poitiers – Châtellerault – Tours – Blois – Orléans – Paris – Saint-Ouen. Six heures de route. Ce n’est pas si loin finalement.   

Joie grisante sur le retour de passer la barrière de péage sans payer. Les gilets jaunes avaient pris d’assaut Saint Arnoult. Du jaune, des fumigènes et des gendarmes mais surtout 23,170 euros qui resteront dans nos poches et qui n’iront pas grossier le chiffre d’affaires de Vinci Autoroutes. Drôle de pays tout de même. Drôle de pays qui conduit des hommes et des femmes à sacrifier leur dimanche après-midi pour permettre à d’autres de resquiller avec le sourire en se disant que finalement : « c’est autant que ces cons de Vinci n’auront pas ».

En notre absence le gazon est redevenu vert. Il a dû pleuvoir ici.

Digue Pacaud - Saint Trojan

Lectures


mardi 23 avril 2019

Pâques au balcon


Un week-end qui commence par un long trajet en voiture. 25 kilomètres… en 135 minutes. L’absurdité absolue. Des kilomètres de conducteurs comme moi. Coincés sur le bitume. Seuls dans leur habitacle d’une tonne, bloqués. Tous connectés à Waze pour gagner 3 minutes. Waze qui s’affole et change de parcours toutes les 5 minutes dès qu’un quartier pavillonnaire autrefois calme se transforme en dégueuloir à autoroutes. Absurdité. Se dire que définitivement il faut éviter le centre-ville d’Aubervilliers. Ça coince.

Une bonne soirée se termine forcément à la crêperie. On a nos repères. Les lieux ont leur importance.
Chaque jour qui passe fait de Saint Ouen une ville qui n’est plus tout à fait Saint Ouen. A la crêperie, à la table derrière nous Aliénor la mère et Zéphyr et Balthazar les enfants (pour de vrai), le papa n’a pas de nom mais il a la trentaine bedonnante sous son t-shirt Zadig & Voltaire froissé comme il faut. Enfants qui font de la trottinette dans la salle et qui cassent la vaisselle. La mère a peine gêné d’être à la tête d’une horde de petits Attila, le père qui s’en fout royalement et qui sirote sa bière brassée dans le Vexin sans gluten, sans houblon mais avec des omega 3 dedans. Il s’agirait de ne pas brider l’inventivité de ces deux adorables bouts de chou. S’en vouloir de jeter des regards noirs (sans effet). Lutter pour ne pas devenir à 42 ans déjà un vieux con que l’on n’a jamais voulu être mais que l’on devient presque malgré soi. Moi aussi je veux être bienveillant. Souriant et détaché. Mais ceux que l’on a fui en passant du canal Saint Martin à Saint Ouen semblent eux aussi avoir franchi le périph’, cette barrière que l’on pensait naïvement infranchissable. Il va falloir s’y faire je ne bougerai plus. Les bobos me passeront sur le corps. Je resterai là. J’attends avec impatience que Stains soit aussi le nouveau Brooklyn et que ma ville ne soit plus « tendance » comme ils disent, que les restos redeviennent des restaurant du quartier et que les trottinettes trop chouettes aillent s’égayer du côté de Sarcelles devenue hypra hype.
Samedi footing sur les quais. Fendre la foule des badauds venus voir l’âme de la France partie en fumée. On en connait le prix. Plus d’un milliard. Les échafaudages porteront peut être le nom des généreux donateurs. Y’a pas de petits profits.
Samedi achat de livres. La moisson ne fut pas fructueuse Joanny et Houellebecq seront de la partie. Je vous dirai ce que j’en pense. Vous lirez ou pas.
Samedi récupération de mobilier pour enfants transitant entre Oléron, Saint Ouen et Paris. Raison pour laquelle j’ai pris la voiture vendredi. Pour trimballer le barda avec aisance. Retour dans l’enfer automobile. Porte de Clignancourt. Porte de Bagnolet. Un quart de tour. Un quart de Périph’. Vite la garer. Ne plus y toucher. Jusqu’à demain.
Samedi course. Pain traditionnel pas trop cuit. Deux brochettes et deux saucisses. La saison des barbecues est ouverte même si Météofrance semble vouloir la refermer dès demain. Passer à la cave. Un vin bio. Passer au primeur. Brocolis, bananes, pommes, champignons, patates, salade. Tout bio comme il faut. Repasser le Périph’ et se demander si on ne serait pas un peu aussi ce bobo que l’on ne veut pas voir. Ne pas répondre à la question. Trop compliqué. 
Soirée tranquille. Film un peu chiant. Livre excitant.
Dimanche à la campagne ou bien en fin de ville on ne sait plus. Reprendre la voiture du coup puisqu’elle est là. Retour dans les embouteillages. Un dimanche matin. Des lotissements. Un non lieu comme on dit. Mais des vies. Et puis une jolie maison. Un air de vacances. Des amis. Un brunch (saloperie de bobos encore) qui s’éternise. Une échappée dans la forêt. Des arbres, des fleurs, un sous-bois. Un air de vacances bien agréable, là juste là à Voisins le Bretonneux. Un bien bon moment. Rentrer en voiture, louper la sortie. Fallait mettre Waze. Prendre le chemin des écoliers. Clamart, Issy les Moulineaux et monter sur le Périph à Pont du Garigliano. Demi-tour. Saint Ouen.
Dimanche soir pizza. Retrouver le serveur que l’on croyait avoir démissionné. Mais qui se souvient encore des pizzas que nous prenons et du vin que nous buvons. On commande donc les yeux fermés. Magie du commerce de proximité.
Lundi matin. Un lundi qui ressemble à un dimanche. Porridge. Vieux restes d’Ecosse. Aspirateur. Fini les moutons. Caisse du chat. Foncer au cours de sport. Retrouver les badauds devant Notre Dame. Ça n’en finit donc pas. Rentrer à 15H00. Œufs au plat. Reprendre le ménage là où on l’avait laissé dans un coin des toilettes. Et puis jardiner un peu. Tenter de sauver ce qui peut l’être. Maitriser la jungle mais pas trop. Tout est sec. Depuis quand n’a-t-il pas vraiment plu. C’est peut-être nous qui sommes sur le barbecue. La saison a déjà commencé mais n’est pas prête de se terminer. Les mésanges sont prêtes à quitter le nid. Le chat est aux aguets. 
Finir par un verre. Une bière brassée comme il faut. Le long du canal (encore cette histoire de bobos qui ne nous quitte plus). Une amie. Qu’on n’avait pas vu depuis longtemps. Un vrai plaisir comme à chaque fois. Et comme à chaque fois se dire que l’on ne se voit pas assez. Prendre une bière là-haut mais juste là pas trop en bas. Et regarder plus bas les junkies se piquer. Comme si de rien n’était. Bière à 5 balles contre dose bon marché qui va gagner. Chacun son trip. Mais surtout ne pas se mélanger. Pourquoi faire. Un instant se rappeler Cyril Collard. Les nuits fauves c’était ici. Et finalement rien ne semble avoir trop changé. Les bars avec les lampions n’ont encore rien pu y faire. La marge est encore ici.
Rentrer vite. Se dire que Paris c’est tout de même formidable. Un film. Un bon cette fois ci. Un week-end merveilleux qui nous a presque fait sentir le goût des vacances.
Mardi, les mésanges ont quitté le nid.    


Jardin caché

Jardin ouvert

Canal renversé


mardi 16 avril 2019

... Y'a la maison qui brûle...


Le temps joue à saute-mouton. Un jour du soleil. Un jour du gris. Un jour de la pluie. Un jour du froid. Un jour du chaud. On ne sait plus trop bien comment s’habiller. Couper le chauffage ou non. Fermer les volets ou pas. Pas encore la fin de l’hiver. Pas encore le début de l’été. C’est peut être ça que l’on appelle le printemps. Une saison où les arbres sont en fleurs, fragiles, et qu’une averse en quelques minutes vient gâcher. Tout le monde aime le printemps. Comme un renouveau après le froid, l’humidité et les jours courts. Je préfère l’été. C’est plus franc du collier comme saison. Le printemps est plus traitre, limite sournois.
Comme si une catastrophe n’arrivait jamais seule voilà qu’à chaque évènement Twitter se pare de ses plus belles plumes et que chacun essaie de trouver la bonne formulation, le bon dessin pour exprimer non pas ce qu’il ressent mais plutôt ce qu’il est convenable de ressentir, le tout enrubanné de « jolis » mots et de formules qui n’en sont que vaseuses.  
Notre Dame de Paris en a fait les frais. Avant y’avait Plantu qui donnait le top départ du mauvais goût. Maintenant y’a les dessins et les « pray for… » de Twitter. Il y a pourtant quelque chose de troublant à se dire que nombre d’entre nous ne verrons plus jamais la cathédrale telle qu’elle était ou alors d’en haut, ou d’en bas selon le point de vue sur la vie au-delà du trépas.
J’ai téléchargé une application sur les livres que je lis. C’est bien ça permet de faire des statistiques. Des listes. Bref de rationnaliser puisque nos jours sont comptés. Huit livres en janvier, cinq en février, trois en mars et pour l’instant deux en avril. Dix-huit en tout. Le rythme se réduit. J’ai lu 5 626 pages et il m’en reste donc 1 363 à lire si j’en crois l’application qui compte les pages des livres sur ma table de nuit.
Mon téléphone vient de biper. Une notification. 700 millions d’euros sont déjà collectés moins de 24 heures après le début de l’incendie pour reconstruire Notre Dame. 700 millions en quelques heures. Ça laisse rêveur sur ces grandes fortunes qui planquent leur argent bien au chaud et qui le lâchent au gré de leur bon vouloir. Ça laisse songeur sur les milliards qui échappent à tout contrôle. Gageons que tout cet argent engagé sera déductible des impôts de ceux qui nous en feront grâce. Belle campagne de communication qui ne coûtera quasiment rien à ceux qui se font fort d’être généreux avec notre argent.
Ne croyez pas que ça m’énerve en vrai je m’en fous. Un lot de consolation, car on n’en est pas moins humain, l’incendie nous aura épargné la poudre de Perlimpim que le ravi de la crèche n’aurait pas manqué de nous balancer à la figure. Et la poudre ça pique les yeux.


Rue des Rosiers - Saint Ouen

lundi 15 avril 2019

Tourner en rond

Un vendredi en congés. La visite du Sénat. L’avoir pour soi. Sentiment bizarre de déambuler dans une grande maison vide, symbole, même suranné, même dévoyé de la démocratie. Déjeuner dans un salon sous les ors de la République. Charmant moment. Croiser Benoit Hamon surgi au détour d’un couloir se rendant aux toilettes. Avoir confirmation qu’il se lave bien les mains avant de quitter les toilettes. C’est décidément un mec bien en tout point.
Rester 30 minutes dans les travées de l’hémicycle et se repaître des noms actuels ou anciens, illustres ou inconnus qui se sont assis dans ces fauteuils adaptés au séant plus ou moins impotent. 
Finir par un tour aux jardins et par la visite de Saint Sulpice.
Le lendemain rester au lit. Fiévreux. Sortir le soir. A Saint Cloud. Autre perspective sur la ville. La beauté, définitivement, se paie. Je m’en passe.
Un dimanche aux Puces. Un dimanche qui file trop vite. Et l’angoisse du lundi. Toujours cette fichue angoisse qui monte à mesure que le soleil décline. La boule au ventre qui revient. La semaine devant soi qui semble interminable. L’absurdité de se dire que l’on court après ces deux jours de congés et que l’on est en apnée les 5 jours qui les précédent ou qui se succèdent. Le prochain week-end durera trois jours. C’est toujours ça que la boule au ventre n’aura pas.
Ce soir Macron va s’exprimer. Avant je serais resté scotché devant la télé pour suivre ce moment. Mais ça c’était avant. Aujourd’hui je m’en contrefiche. Je lirai demain les commentaires dans les journaux. Le journal. Libération. Et basta. Ne pas entendre le son de sa voix. Il m’insupporte.
Demain mardi. Plus que quatre jours.






mercredi 10 avril 2019

Reprise


Douze ans… Cela fait douze ans que je n’ai pas vu Rufus Wainwright sur scène. Il a un peu forci. Beaucoup forci. Mais a retrouvé sa voix. Même lieu pour ces deux dates. L’Olympia. Le 20 février 2007 et le 5 avril 2019.
C’était bien. C’était même très bien. Comme l’a dit Alexandre il en donne pour son argent (même si lui parlait plus de qualité que de quantité… je crois qu’il n’a pas trop aimé).
Mais qui a eu cette idée lipidinesque de positionner le Five guys juste en face de la salle de concert. Les lumières blanches et rouges agissent comme un aimant à spectateurs affamés. C’est pas que ce soit bon. C’est juste que c’est là et que nous avons faim. Un little cheeseburger. Une petite frite pour deux qui correspond à une grande pour trois et une Budweiser (comme à chaque fois imprononçable). Trois cacahuètes avant de sortir.
Rentrer par la 13 à minuit c’est s’offrir le luxe d’un entassement comme aux heures de pointe. Le trajet entre Saint Lazare et Garibaldi-Saint-Ouen-sur-Seine-C-Est-Comme-Ca-Que-Ca- S-Appelle-Maintenant est toujours un plaisir. Au choix nous sommes sardines, japonais sur la Yamanote ou estivants à la Grande Motte. Bref désagréable.
Envie de soleil et de jardiner. En attendant je lis de la littérature indienne et je mange les derniers Digestive qu’Alexandre a ramené de Londres. Des Pépito qui n’ont traversé que la Manche et non l’Atlantique.
Demain c’est jeudi et c’est presque fini.




mardi 9 avril 2019

Eternel retour


Plus d’un an… Cela fait plus d’un an que je ne suis pas venu faire un tour ici. Moi qui écrivais parfois plus d’une fois par jour sur ce site il y a de cela maintenant presque 14 ans. Un sacré trou dans le journal intime. Facebook. Twitter. Instagram. Ils ont un peu tous remplacé ce petit carnet. Il n’en est redevenu que plus intime je pense que nombreux sont les lecteurs qui se sont égaillés dans la nature eux même attirés par les lumières et l’immédiateté des RSA et l’inactivité de ce journal.
Il s’en est passé pourtant des choses. Et il s’en passera encore. Raison de plus pour tenter une énième fois de relancer ce journal et d’en assurer une ligne éditoriale cohérente qui sorte des comptes rendus de voyage et des « je reviens à nouveau ».

Pas d’annonces tonitruantes cette fois. Je reviens sur la pointe des pieds pour refaire vivre ce qui occupait auparavant une grande partie de mon temps. Ecrire pour ne rien dire. Mais en dire suffisamment pour y revenir et y retrouver du plaisir.


Les Puces le Matin. Un dimanche avant l'ouverture



mardi 23 janvier 2018

To do list

Parce que je ne suis pas si vieux que c'est rigolo, mais aussi parce que je suis plus vieux et que ma mémoire peut me jouer des tours. Je fais des listes.
- m'assurer que l'assurance a bien pris en compte mon obsession sur les fissures dans la maison et désigne un expert qui saura me rassurer ou m'annoncer une mauvaise nouvelle,
- acheter des tongs pour l'Inde,
- relancer l'entreprise sur l'obtention de l'autorisation municipale pour le ravalement de la maison,
- penser à couper l'aubépine et planter un pin,
- lire, lire, lire, lire,
- trouver des lampes pour la maison, 
- descendre à la cave pour vérifier que la maison ne bouge pas,
- Inde, Cambodge, Oléron, Ecosse, ...
- changer de travail,
- vider les placards,
- attendre le soleil et regarder la Seine monter, déborder, envahir les quais,
- faire la liste des films à voir et livres à lire,
- faire 10 000 pas par jour,
- lire les pages Rebonds de Libé,
- me peser,
- et puis... procrastiner. 

mardi 19 décembre 2017

Noël est en route

Pour la première fois de ma vie j'ai donc posé une RTT pour faire les cadeaux de Noël en semaine et en évitant (un peu) la foule du samedi.
Et en quelques heures j'en avais fini. Retour rapide à la maison. Emballage des cadeaux pour ne pas que l'amoureux ne tombe inopinément dessus et ça y est Oléron se profile au bout du pont pour les vacances qui débutent dès vendredi matin. Noël à la plage et contre le poêle.
Noël qui arrive mais sans Touptiminou... La maladie ne lui aura laissé quasiment aucun répit. Depuis son hospitalisation il n'aura passé que deux à trois semaines en forme. Puis son état se sera dégradé tellement vite. Prendre la décision de le conduire chez le vétérinaire n'a pas été chose facile mais je ne cesse de me répéter qu'il n'y avait pas d'alternative. Il souffrait trop. Maintenant il repose dans le jardin juste à côté de nous. Pour l'instant je le vois encore partout. Je m'attends toujours à tomber nez à truffe avec lui. A l'entendre trottiner lorsque nous ouvrions la porte. A le sentir grimper sur le lit dès que nous y étions. A nous suivre partout où nous nous trouvions. Nous n'avons pas rangé toutes ses affaires. Nous le ferons progressivement. Il aura vécu avec nous un an et quelques jours mais c'est comme s'il avait toujours été là. Du coup... Grand vide... 

Et pendant ce temps ce répugnant de Philippot vient d’installer le siège national de son groupuscule quasiment en face de chez nous. J'enrage rien qu'à cette idée. Le savoir là lui et sa clique de haineux. Une provocation. A Saint Ouen.