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vendredi 14 juin 2019

J-30


Si on m’avait dit qu’un jour j’irai voir ne serait-ce qu’un concert de Mylène Farmer j’aurais ri au nez de celui qui aurait osé affirmer une telle chose. Du coup je vais en voir trois.
Comme tout le monde j’ai acheté quelques albums adolescent boutonneux que j’étais. En l’occurrence deux. « Ainsi soit je » en CD et « L’autre » en K7 (je me souviens même l’avoir acheté au Super U d’Aytré dans la zone commerciale le long de la rocade qui nous emportait chaque week-end vers l’Ile d’Oléron). Ma culture musicale s’arrêtait là. Et puis… et puis depuis je vis avec un fan adorateur de Mylène. Non pas que j’en sois devenu un, non, mais le plaisir de voir le plaisir que procure chez l’autre le fait de la voir sur scène me remplit de joie. C’est peut être ça l’amour oui ça dégouline un peu). Et il en faut pour attendre des heures sous la pluie en plein vent pour être sûr d’avoir une place en fosse le plus proche de la scène possible. Et c’est là qu’on se rend compte que le mois de juin est particulièrement pluvieux. Vive les ponchos.
Trois fois. Et entre tout ça un petit tour pour voir la « La force du destin » à Bastille. Deux ambiances à coup sûr. Hamburgers à l’Arena. Sandwich au saumon Pradier à Bastille. Cheveux méchés, effilés et déstructurés à l’Arena. Coupe Maniatis à Bastille. Legging à l’Arena. Costumes et tailleurs à Bastille. Mumm à l’Arena. Taittinger à Bastille. Téléloisirs à l’Arena. Figaro à Bastille. Pas sûr que ces deux mondes se croisent bien souvent. Nous faisons le lien. Mi-chic. Mi-beauf. Mi-popu. Mi-csp+.
Dans 30 jours nous seront mariés. Premier 14 juillet la bague au doigt. Feu d’artifice.
Il pleut trop. Il fait froid. La maison est humide. Le mois de juin est pourri. A partir de quelle date pourra-t-on profiter du jardin ? A quoi ça sert de s’être endetté sur 23 ans pour avoir un jardin si c’est pour en profiter 15 jours par an ? L’impression de vivre en Ecosse, les gens souriant, le fish & chips et la stout en moins. Du coup on déménage ? Envie de Glasgow, d’Ullapool, d’Oban et d’ile de Skye.
Je ne bois plus de café. Je bois beaucoup trop de thé. Je porte des costumes Anthony Garçon coupe Paris pour les garçons fins et mesurant moins de1,80 mètre (courts sur pattes quoi). Mais je préfère ça à la coupe Napoli pour les gros baraqués gonflés aux hormones. Et puis Paris ça fait toujours aussi chic même si en vrai le métro pue, que les rues sont dégueulasses et que les gens tirent des tronches de six pieds de long. En vrai c’est Saint Ouen. C’est en fait tout pareil mais ça fait juste moins rêver. Du coup on n’est pas déçu. Pas comme les japonais qui déchantent lorsqu’ils montent dans le RER B après avoir fantasmé sur le romantisme des pavés parisiens et du métropolitain et qu’ils glissent sur un vieux reste de KFC abandonné sur un quai de métro.
Dans 30 jours nous serons mariés. Dans 30 jours nous serons allongés à Vertbois sur la plage à regarder les vagues jouer avec le vent et à se dire que ça ne fait que commencer.

Saint Ouen - Les Puces

Mylène Farmer - 7 juin 2019

Mylène Farmer - 7 juin 2019

La force du destin - 13 juin 2019



mardi 23 avril 2019

Pâques au balcon


Un week-end qui commence par un long trajet en voiture. 25 kilomètres… en 135 minutes. L’absurdité absolue. Des kilomètres de conducteurs comme moi. Coincés sur le bitume. Seuls dans leur habitacle d’une tonne, bloqués. Tous connectés à Waze pour gagner 3 minutes. Waze qui s’affole et change de parcours toutes les 5 minutes dès qu’un quartier pavillonnaire autrefois calme se transforme en dégueuloir à autoroutes. Absurdité. Se dire que définitivement il faut éviter le centre-ville d’Aubervilliers. Ça coince.

Une bonne soirée se termine forcément à la crêperie. On a nos repères. Les lieux ont leur importance.
Chaque jour qui passe fait de Saint Ouen une ville qui n’est plus tout à fait Saint Ouen. A la crêperie, à la table derrière nous Aliénor la mère et Zéphyr et Balthazar les enfants (pour de vrai), le papa n’a pas de nom mais il a la trentaine bedonnante sous son t-shirt Zadig & Voltaire froissé comme il faut. Enfants qui font de la trottinette dans la salle et qui cassent la vaisselle. La mère a peine gêné d’être à la tête d’une horde de petits Attila, le père qui s’en fout royalement et qui sirote sa bière brassée dans le Vexin sans gluten, sans houblon mais avec des omega 3 dedans. Il s’agirait de ne pas brider l’inventivité de ces deux adorables bouts de chou. S’en vouloir de jeter des regards noirs (sans effet). Lutter pour ne pas devenir à 42 ans déjà un vieux con que l’on n’a jamais voulu être mais que l’on devient presque malgré soi. Moi aussi je veux être bienveillant. Souriant et détaché. Mais ceux que l’on a fui en passant du canal Saint Martin à Saint Ouen semblent eux aussi avoir franchi le périph’, cette barrière que l’on pensait naïvement infranchissable. Il va falloir s’y faire je ne bougerai plus. Les bobos me passeront sur le corps. Je resterai là. J’attends avec impatience que Stains soit aussi le nouveau Brooklyn et que ma ville ne soit plus « tendance » comme ils disent, que les restos redeviennent des restaurant du quartier et que les trottinettes trop chouettes aillent s’égayer du côté de Sarcelles devenue hypra hype.
Samedi footing sur les quais. Fendre la foule des badauds venus voir l’âme de la France partie en fumée. On en connait le prix. Plus d’un milliard. Les échafaudages porteront peut être le nom des généreux donateurs. Y’a pas de petits profits.
Samedi achat de livres. La moisson ne fut pas fructueuse Joanny et Houellebecq seront de la partie. Je vous dirai ce que j’en pense. Vous lirez ou pas.
Samedi récupération de mobilier pour enfants transitant entre Oléron, Saint Ouen et Paris. Raison pour laquelle j’ai pris la voiture vendredi. Pour trimballer le barda avec aisance. Retour dans l’enfer automobile. Porte de Clignancourt. Porte de Bagnolet. Un quart de tour. Un quart de Périph’. Vite la garer. Ne plus y toucher. Jusqu’à demain.
Samedi course. Pain traditionnel pas trop cuit. Deux brochettes et deux saucisses. La saison des barbecues est ouverte même si Météofrance semble vouloir la refermer dès demain. Passer à la cave. Un vin bio. Passer au primeur. Brocolis, bananes, pommes, champignons, patates, salade. Tout bio comme il faut. Repasser le Périph’ et se demander si on ne serait pas un peu aussi ce bobo que l’on ne veut pas voir. Ne pas répondre à la question. Trop compliqué. 
Soirée tranquille. Film un peu chiant. Livre excitant.
Dimanche à la campagne ou bien en fin de ville on ne sait plus. Reprendre la voiture du coup puisqu’elle est là. Retour dans les embouteillages. Un dimanche matin. Des lotissements. Un non lieu comme on dit. Mais des vies. Et puis une jolie maison. Un air de vacances. Des amis. Un brunch (saloperie de bobos encore) qui s’éternise. Une échappée dans la forêt. Des arbres, des fleurs, un sous-bois. Un air de vacances bien agréable, là juste là à Voisins le Bretonneux. Un bien bon moment. Rentrer en voiture, louper la sortie. Fallait mettre Waze. Prendre le chemin des écoliers. Clamart, Issy les Moulineaux et monter sur le Périph à Pont du Garigliano. Demi-tour. Saint Ouen.
Dimanche soir pizza. Retrouver le serveur que l’on croyait avoir démissionné. Mais qui se souvient encore des pizzas que nous prenons et du vin que nous buvons. On commande donc les yeux fermés. Magie du commerce de proximité.
Lundi matin. Un lundi qui ressemble à un dimanche. Porridge. Vieux restes d’Ecosse. Aspirateur. Fini les moutons. Caisse du chat. Foncer au cours de sport. Retrouver les badauds devant Notre Dame. Ça n’en finit donc pas. Rentrer à 15H00. Œufs au plat. Reprendre le ménage là où on l’avait laissé dans un coin des toilettes. Et puis jardiner un peu. Tenter de sauver ce qui peut l’être. Maitriser la jungle mais pas trop. Tout est sec. Depuis quand n’a-t-il pas vraiment plu. C’est peut-être nous qui sommes sur le barbecue. La saison a déjà commencé mais n’est pas prête de se terminer. Les mésanges sont prêtes à quitter le nid. Le chat est aux aguets. 
Finir par un verre. Une bière brassée comme il faut. Le long du canal (encore cette histoire de bobos qui ne nous quitte plus). Une amie. Qu’on n’avait pas vu depuis longtemps. Un vrai plaisir comme à chaque fois. Et comme à chaque fois se dire que l’on ne se voit pas assez. Prendre une bière là-haut mais juste là pas trop en bas. Et regarder plus bas les junkies se piquer. Comme si de rien n’était. Bière à 5 balles contre dose bon marché qui va gagner. Chacun son trip. Mais surtout ne pas se mélanger. Pourquoi faire. Un instant se rappeler Cyril Collard. Les nuits fauves c’était ici. Et finalement rien ne semble avoir trop changé. Les bars avec les lampions n’ont encore rien pu y faire. La marge est encore ici.
Rentrer vite. Se dire que Paris c’est tout de même formidable. Un film. Un bon cette fois ci. Un week-end merveilleux qui nous a presque fait sentir le goût des vacances.
Mardi, les mésanges ont quitté le nid.    


Jardin caché

Jardin ouvert

Canal renversé


mardi 16 avril 2019

... Y'a la maison qui brûle...


Le temps joue à saute-mouton. Un jour du soleil. Un jour du gris. Un jour de la pluie. Un jour du froid. Un jour du chaud. On ne sait plus trop bien comment s’habiller. Couper le chauffage ou non. Fermer les volets ou pas. Pas encore la fin de l’hiver. Pas encore le début de l’été. C’est peut être ça que l’on appelle le printemps. Une saison où les arbres sont en fleurs, fragiles, et qu’une averse en quelques minutes vient gâcher. Tout le monde aime le printemps. Comme un renouveau après le froid, l’humidité et les jours courts. Je préfère l’été. C’est plus franc du collier comme saison. Le printemps est plus traitre, limite sournois.
Comme si une catastrophe n’arrivait jamais seule voilà qu’à chaque évènement Twitter se pare de ses plus belles plumes et que chacun essaie de trouver la bonne formulation, le bon dessin pour exprimer non pas ce qu’il ressent mais plutôt ce qu’il est convenable de ressentir, le tout enrubanné de « jolis » mots et de formules qui n’en sont que vaseuses.  
Notre Dame de Paris en a fait les frais. Avant y’avait Plantu qui donnait le top départ du mauvais goût. Maintenant y’a les dessins et les « pray for… » de Twitter. Il y a pourtant quelque chose de troublant à se dire que nombre d’entre nous ne verrons plus jamais la cathédrale telle qu’elle était ou alors d’en haut, ou d’en bas selon le point de vue sur la vie au-delà du trépas.
J’ai téléchargé une application sur les livres que je lis. C’est bien ça permet de faire des statistiques. Des listes. Bref de rationnaliser puisque nos jours sont comptés. Huit livres en janvier, cinq en février, trois en mars et pour l’instant deux en avril. Dix-huit en tout. Le rythme se réduit. J’ai lu 5 626 pages et il m’en reste donc 1 363 à lire si j’en crois l’application qui compte les pages des livres sur ma table de nuit.
Mon téléphone vient de biper. Une notification. 700 millions d’euros sont déjà collectés moins de 24 heures après le début de l’incendie pour reconstruire Notre Dame. 700 millions en quelques heures. Ça laisse rêveur sur ces grandes fortunes qui planquent leur argent bien au chaud et qui le lâchent au gré de leur bon vouloir. Ça laisse songeur sur les milliards qui échappent à tout contrôle. Gageons que tout cet argent engagé sera déductible des impôts de ceux qui nous en feront grâce. Belle campagne de communication qui ne coûtera quasiment rien à ceux qui se font fort d’être généreux avec notre argent.
Ne croyez pas que ça m’énerve en vrai je m’en fous. Un lot de consolation, car on n’en est pas moins humain, l’incendie nous aura épargné la poudre de Perlimpim que le ravi de la crèche n’aurait pas manqué de nous balancer à la figure. Et la poudre ça pique les yeux.


Rue des Rosiers - Saint Ouen

lundi 1 juillet 2013

Quais Rive gauche

Il a fait beau. Enfin. Une journée de dimanche ensoleillée et chaude. Une journée pour se promener. Faire un tour au marché puis après partir à la découverte des nouveaux aménagements des quais rive gauche. Dans ce coin de Paris, ghetto de riche et des caniches nains.

Ce fut une bonne surprise. Les aménagements réalisés entre le Musée d’Orsay et le pont de l’Alma sont vraiment très réussis. Tout d’abord ce qui m’a séduit c’est que tout cela a été réalisé sans débauche de granit, de pavés et autres mobiliers urbains onéreux. Non tout est finalement assez léger. Pas tout à fait de la récup’ mais presque. Un aménagement pérenne mais conçu comme éphémère et modulable.
Des terrasses, des prairies fleuries, des installations artistiques, des jeux… Bref un vrai bonheur que d’avoir reconquis cette autoroute au bord de l’eau au profit des piétons, des vélos et des poussettes. 
Bien malin les sceptiques et tous ceux qui ont raillés ce projet. C’est une réussite.  
Je suis toujours frappé de voir à chaque fois les réactions de certains sur le fait que l’on ferait de Paris une Ville pour les riches et les « bobos » au détriment de tous les autres du simple fait que l’on réduise la place de la voiture. 
A croire que tous ceux là ne vont jamais dans les villes de province comme Nantes, Lyon, Bordeaux, Toulouse. Ne vont jamais à l’étranger voir Londres, Berlin, Amsterdam, Copenhague… 
Comme si à Paris nous ne pouvions pas nous déplacer en vélo ou en transport en commun alors que nous avons un des réseaux les plus performants du monde même si pour le prendre tous les jours je vois bien qu’il est encore perfectible. 
Comme si nous ne savions pas que la pollution automobile tue chaque année des milliers de personnes. Comme si le bruit, le stress engendré par la conduite, les accidents de la circulation n’étaient pas des maux à combattre. 
En ce qui me concerne tout ce qui permettra à faire baisser la circulation automobile aura mon assentiment. Il n’est qu’à se rendre à Amsterdam pour se rendre compte à quel point une ville sans voiture est une autre ville. 
Samedi nous avons également marché entre Montparnasse et Bastille pour montrer à tous ceux qui nous ont piétiné durant quasiment un an que nous étions bien là et que nos rassemblements étaient tellement plus joyeux, colorés, humanistes que leurs idées rances. Tant est si bien que dimanche la Manif pour tous avait organisé un défilé en… voiture. Trois pelés et deux tondus qui pour nous faire croire qu’ils sont encore mobilisés ont cru bon de bloquer le périph’. Tout ce que j’aime : des réacs de droite en bagnole qui klaxonne.

jeudi 28 juin 2012

Moment

Il y a des moments comme ceux là où tout va pour le mieux. Des moments plus ou moins longs où le bonheur est là à chaque minute sans que rien ne semble pouvoir l’altérer.

Des moments comme en ce moment. Le soleil revient, les vacances se profilent. Dans une semaine, la charge de travail va lentement mais surement décroitre. Les journées de travail vont lentement mais surement se réduire. La maison est belle, le temps des pique nique entre amis est revenu. Les terrasses des cafés donnent envie de s’y attarder.

Chaque jour apporte son lot de bonnes nouvelles. Il y a comme une petite musique de jazz musette qui trotte continuellement dans la tête. Le monde est beau même s’il est très laid.

Je me demande à quel moment tout cela va s’arrêter…

Rien à voir. Mon quartier (ma presque rue) avant il était comme ça :




Et maintenant il ressemble à ça (j’ai trouvé cette illustration faîte par un certain JR). Mélange hétéroclite des genres, des architectures des habitants, des fonctions comme on dit en urbanisme. C’est mon quartier et je l’aime bien.


mardi 2 novembre 2010

De l'autre côté

J’ai visité Paris la première fois, j’avais douze ans, c’était en 1989. Je me souviens de chaque jour de cette semaine que nous avions passé à visiter cette ville. Depuis ce jour, je savais qu’il n’y avait qu’un seul endroit où je voulais vivre en France. C’était là ! Ce fut chose faîte en 1999 soit dix ans plus tard. C’était pour effectuer mon année de maîtrise à Assas. Je louais à l’époque un minuscule studio de 9 mètres carrés avec WC sur le pallier au sixième étage d’un très bel immeuble au 18 boulevard Beaumarchais à Bastille.
Cet appartement je ne l’ai pourtant pas gardé longtemps. Mon envie de vivre à Paris ayant été supplanté par mon désir de vivre avec Alexandre. Très vite j’ai donc décidé de faire quotidiennement les allers retours entre Orléans et Paris. J’étais passé du statut envié de parisien à celui éreintant de navetteur. A l’issue de mes études et après un court intermède de travail chez Quick à Orléans ; j’ai trouvé mon premier vrai travail à Bobigny. J’ai donc poussé un peu plus loin mes trajets quotidiens Orléans Bobigny chaque jour. Départ de la gare à 5H30 et retour à 21H00, cinq fois par semaine, près de cinq heures de trajet par jour de porte à porte.

Au bout de dix mois de ce rythme j’ai craqué. Alexandre a trouvé un travail à Paris et nous sommes donc revenus vivre dans la ville qui me faisait tant rêver. Nous avons loué un petit deux pièces charmant au 170 rue du faubourg Saint Denis. Mon temps de trajet pour me rendre à mon travail n’était plus que de vingt minutes. J’avais le sentiment d’être en vacances. Les premiers mois nous n’arrivions pas à vivre dans l’appartement, nous étions sans cesse dehors à découvrir la ville, arpenter ses rues, visiter ses musées. Chaque jour j’en prenais plein les yeux. Je faisais craquer le parquet de l’appartement, bruit que je trouvais si parisien.

Deux ans plus tard en 2002, nous avons acheté l’appartement. Situé à la Porte Saint Martin sur le faubourg du même nom. Un grand deux pièces au dernier étage, lumineux, tomettes, cheminée. Nous en sommes tombés amoureux instantanément et avons acheté sur le champ comme ça, sur un coup de tête. Je me souviens du jour de la signature. Après avoir eu les clefs nous avions bu du champagne dans l’appartement glacial dépourvu de chauffage non isolé et sans pouvoir ouvrir les fenêtres en bois totalement pourries. Nous étions chez nous, propriétaires d’un petit bout de la ville la plus belle du monde à dix minutes de Beaubourg et sur les grands boulevards.

Huit ans ont passé. L’appartement est toujours aussi agréable, nous y avons fait quelques travaux, mais il est quasiment resté dans son jus initial. Bizarrement le jour où nous l’avions acheté je pensais que nous y vivrions plus longtemps… Et puis ses 44 mètres carrés se sont avérés de plus en plus petits et puis le désir (provincial ?) d’avoir un jardin de pouvoir vivre dehors et dans un logement plus vaste a peu à peu pris le dessus. Et puis un jour comme ça nous avons visité une maison. Pas dans Paris, juste à côté, pas loin, à proximité d’une station de métro et de Vélib’. Et une nouvelle fois, sur un coup de tête, sans trop réfléchir nous avons fait une offre de prix pour cette maison qui nous faisait de l’œil. A compter du 15 décembre nous quitterons donc Paris pour nous établir en Seine Saint Denis à deux pas de Paris juste derrière cette frontière sur pilotis que constitue le périph’ et qui fait dégringoler les prix dès lors qu’on le franchit. Nous ne serons plus propriétaire de la marque Paris. Et finalement je m’en fiche…

Oui finalement je suis assez content de retrouver une ville de vrais gens comme l’était mon quartier avant qu’il ne soit colonisé par des trentenaires bobos friqués et mal rasés comme moi. Parce que cette vie entre soi est finalement assez étouffante. Parce que je ne souhaitais plus vivre dans cet endroit qui commence à ressembler à Montorgueuil, et rue Vieille du Temple.

Finalement je quitte Paris avec joie. Après dix ans. Vu de province passer de Paris à Saint Ouen doit sembler bien anecdotique. Pour moi ça change tout !

lundi 9 novembre 2009

Delanoë is watching you

Les socialos de notre belle capitale déposent actuellement à l’ordre du jour des différents Conseils d’arrondissement des vœux relatifs à la mise en place de la vidéosurveillance. Non pas pour la dénoncer mais pour la réclamer. Le Maire de Paris a déjà envoyé à deux reprises la flicaille pour expulser les exilés de leurs maigres abris dans le jardin Villemin et le voilà maintenant qui réclame la multiplication des caméras qui de « vidéosurveillance » passent à « vidéoprotection ». Il n’y a finalement pas que Besson qui joue les valets du Sarkozisme, les membres PS de la ville de Paris sont également dans la course. Je vous copie colle le projet de vœu, un modèle de faux-culterie de haute voltige.

Vœu relatif à la Vidéoprotection pour Paris
1. Considérant que par lettre de mission du 30 juillet 2007, le Président de la République a chargé le ministre de l’Intérieur, de l’Outre-mer et des collectivités territoriales de mettre en œuvre un plan national d’équipement en vidéoprotection, et qu’il est de la compétence de la Préfecture de Police de Paris de le déployer sur le territoire de la capitale,
2. Considérant que le Plan de vidéoprotection pour Paris répond aux objectifs limitativement énumérés par la loi du 21 janvier 2005 modifiée, en particulier ceux de lutte contre le terrorisme et la délinquance, de maintien de l’ordre public et de régulation du trafic routier, /
3. Considérant que la réalisation de ce projet vient aussi compléter le dispositif couvrant déjà le réseau de transport RATP et SNCF de Paris et sa banlieue,
4. Considérant qu’il s’agit d’ajouter 1226 caméras supplémentaires aux quelques 445 caméras propriété de la Ville de Paris déjà implantées sur la voie publique et aux abords des équipements municipaux, et qu’au terme de ce projet le nombre de caméras restera en tout état de cause raisonnable et très nettement inférieur aux dispositifs massivement déployés dans d’autres agglomérations, en particulier anglo-saxonnes,
5. Considérant que les phénomènes de violence ont pour principales victimes les habitants les plus modestes, et que notre municipalité a pour ambition d’être au service de tous les Parisiens sans distinction aucune,
6. Considérant que le Maire de Paris et son équipe se sont engagés collectivement par le programme de mandature de 2008 à soutenir un dispositif de vidéoprotection raisonné et protecteur des libertés publiques, et qu’un tel dispositif est prévu au Contrat Parisien de Sécurité signé par le Maire de Paris,
7. Considérant que la Ville de Paris participera à ce projet par le financement des travaux de génie civil pour la part des caméras intéressant directement ses compétences, telles la circulation routière et la surveillance des équipements municipaux,
8. Considérant néanmoins que tout dispositif de sécurité doit être encadré, et qu’en ces termes notre municipalité s’est engagée à protéger les libertés fondamentales de chacun,
9. Considérant que la Ville de Paris a souhaité apporter des garanties supplémentaires au dispositif législatif et réglementaire de protection des libertés publiques, à savoir une charte d’éthique et la constitution d’un Comité d’éthique indépendant, destinés à renforcer la clarté de l’information et à soutenir les démarches de chacun dans ses requêtes officielles,
10. Considérant que les Parisiens sont les premiers à devoir s’exprimer sur un tel sujet, une concertation suivie a été menée au sein de chaque arrondissement selon la forme souhaitée par leur maire, et dont le résultat s’est avéré satisfaisant, les demandes de suppression, de déplacements et d’ajouts de caméras ayant été entendues par les services concernés dans l’immense majorité des cas,
11. Considérant de surcroît que la vidéoprotection n’est qu’un des éléments de la réussite d’une véritable politique de sécurité, globale, humaine et de proximité, et qu’en ces termes, la mise en place d’un tel dispositif ne saurait s’accompagner d’une réduction des effectifs policiers sur le terrain, seuls garants d’une sécurité efficace,
12. Considérant que le décret du 24 juillet 2009 relatif à la création de la police d’agglomération nous fait craindre un redéploiement des effectifs de police au détriment de la capitale, C’est pourquoi, sur proposition des élus socialistes, le Conseil d’arrondissement émet le vœu :
- que la sécurité en tant que politique préventive et globale soit une priorité réaffirmée de l’action de la Ville de Paris,
- que tous les dispositifs destinés à protéger les libertés individuelles, et en particulier la Charte d’éthique et le Comité d’éthique, soit respectés et évalués,
- que le Préfet de Police de Paris s’engage devant notre Conseil à garantir le maintien des effectifs de police à Paris, et apporte régulièrement toutes les informations relatives à l’état des effectifs opérationnels sur le territoire de la capitale.

A gerber !

dimanche 11 octobre 2009

L'atelier vous coiffe et vous sublime


Une blonde à la tête de l'EPAD ; on croit rêver. Jean Sarkozy va pouvoir enfin faire son stage en entreprise et valider son DEUG de droit... Mitterrand s'en prend plein la tronche, une partie des socialistes s'engouffre dans la brèche. Un peu minable sur les bords. D'un autre côté comment défendre un membre du gouvernement qui ne voit aucun problème à ce que l'on renvoie dans leur misère des migrants qui cherchent à la fuir. J'ai du mal. Sinon LA Story de James Frey, j'adore. Le dernier Mika s'écoute comme l'on sucerait une Chupa Chups. Brigitte Fontaine est toujours géniale, c'est décidément ma chouchoute. Je me suis endormi devant Inglourious Basterds, pourtant ça avait l'air pas mal mais trop de blabla et surtout trop de fatigue. Il fait gris, c'est l'automne et j'ai envie de gaufres...



mardi 29 septembre 2009

lundi 21 septembre 2009

Patrimoine

La journée du patrimoine c’est aussi un événement qui permet de définir les endroits où jamais oh non jamais je n’irais travailler. Après les visites d’hier je peux donc confirmer que je n’irais jamais travailler à Bercy. Non pas que l’immensité du lieu m’impressionne. Non disons plutôt que l’endroit suinte l’ennui et le désœuvrement ainsi que l’écrasement de la machine administrative sur les individus (un seul truc rigolo, les machines sur rails qui distribuent le courrier… Je crois que si j’étais secrétaire là bas je m’amuserais comme un fou avec ce truc).
Je n’irais pas non plus travailler à la BNF. Non pas également que le lieu ne soit pas beau. Disons juste que je n’ai jamais aimé les bibliothèques et l’atmosphère pesante et ampoulée qui y règne.
A part ça c’est l’ouverture du procès Clearstream. Quel bonheur de voir percer au grand jour les petites barbouzeries de la droite. Royal fait la fraternité toute seule qu’elle y reste. La Candidate des Verts arrive en deuxième position dans une législative partielle dans les Yvelines, elle peut gagner la semaine prochaine, Youpi !
Pécresse a fait l’ouverture de la Techno Parade. La versaillaise était autant dans son élément qu’un ado de Bobigny perdu à Chatou. A partir d’aujourd’hui le figaro est plus petit peut être pour se mettre à l’échelle du président.




mardi 15 septembre 2009

On nous prend pour des cons et on le mérite

Je suis agacé… Oui, oui, oui. Vous ne pouvez pas le voir mais là en ce moment même je suis tout rouge, boursouflé et j’hurle de colère… L’objet de ma colère : un article du Parisien de ce matin. Vous pouvez le lire, je vous le copie colle :

Silhouettes noires pour campagne choc
L’Hôtel de Ville et la préfecture de police lancent dès demain une campagne de sécurité routière percutante. Objectif : responsabiliser automobilistes, cyclistes, motards et piétons.
Catherine Balle
Cinquante et une silhouettes noires dans Paris. Comme les 51 personnes tuées dans des accidents de la route dans la capitale en 2008. A partir de demain, la préfecture de police et l’Hôtel de Ville organisent une campagne choc pour la sécurité routière. Pendant un mois, des affiches de 3 m de haut (sur 80 cm) représentant des silhouettes avec la tête en sang seront installées sur le boulevard Sébastopol (I e r , II e , III e et IV e ) et sur le quai de la Rapée (XII e ). Elles seront accompagnées de six messages différents : « 20 conducteurs de 2-roues ont été tués à Paris en 2008 », « 16 piétons ont été tués en traversant irrégulièrement à Paris en 2008 » ou « 41 cyclistes ont été blessés en brûlant un feu rouge à Paris en 2008 », et soulignées par le même slogan : « Changeons de conduite ! » Si quelques silhouettes noires avaient déjà été brièvement installées rue de Rivoli en 2007, c’est la première fois que Paris en abritera autant.
Le ton de cette opération de communication rappelle celui de la campagne d’affichage réalisée en décembre par la mairie de Paris. Des clichés hyperréalistes représentant un homme gisant sur le pavé à côté de son scooter avec la tour Eiffel en toile de fond, une jeune cycliste accidentée face à la Pyramide du Louvre, ou encore un piéton percuté, face contre terre, devant l’Arc de Triomphe. « On sait que ces silhouettes (NDLR : d’ordinaire utilisées en milieu rural) vont surprendre et susciter des conversations, affirme Georges Sarre, adjoint de Bertrand Delanoë chargé de la sécurité et de la prévention. Mais on veut responsabiliser les Parisiens, leur montrer qu’il n’y a pas de secteur où aucun accident n’arrive. » Un temps, il a été envisagé de disposer les silhouettes aux endroits où se sont produits les accidents mortels. Mais la préfecture et la mairie ont préféré choisir des axes « très empruntés ». « L’important, c’est que ça touche, ajoute Sarre. Je suis sûr que cela fera école dans d’autres villes. »
Le Parisien

Y’a pas un truc qui vous choque là dedans ? Non parce que dans cette campagne soit disant de prévention on nous cause du cycliste qui grille les feux, du piéton qui traverse en dehors des clous… Mais on ne nous parle pas de celui qui est le générateur de la mort en elle-même à savoir : L’AUTOMOBILISTE. Encore une fois on épargne celui qui tue en demandant aux autres usagers de la route de se discipliner face aux monstres de fer à quatre roues qui puent ! On comprend quoi dans cette campagne et bien qu’en traversant en dehors du passage piétons, vous êtes un dangereux irresponsable, et que le cycliste qui grille un feu et bien il a bien mérité de finir sous le 15 tonnes ou la Clio du type qui conduit en téléphonant.

dimanche 2 août 2009

Premier dimanche d'août - Paris gris souris



Paris gris souris. Vu "J'ai tué ma mère" au 5 Caumartin, un vrai bonheur. Vu l'exposition Kandinsky, de justesse. Dernière fin de semaine à Paris avant les vacances. Il fait gris.







dimanche 26 juillet 2009

Un dimanche de juillet à Paris










Et oui je ne vois pas de raison d'applaudir la caravane et le bus Cochonou...





mardi 17 mars 2009

Avis de recherche

Dites je me pose la question : mais il est où Delanoë ? Et pour les habitants du 10ème, il est où notre bon maire de 37 ans de l’arrondissement, le si charmant et non moins insignifiant Rémi Féraud ? Qu’ont-ils fait depuis un an qu’ils sont à nouveau aux manettes. Manifestement pas grand-chose. Les Verts sont absents, réduits à la portion congrue par la volonté d’un Delanoë manipulateur. Le parti socialiste est donc revenu à sa douce torpeur de notabilité établie. Parti d’élus accrochés au pouvoir pour ne rien y faire ! Rien, pas un projet ne pointe le bout de son nez. Mis à part la suppression des bidons du square Alban Satragne pour faire dégager les exilés qui puent et squattaient l’endroit (toujours dans le 10ème c’est là où j’habite). Le parti socialiste encense le film Welcome sur les réfugiés de Calais, justement parce que ça se déroule à Calais, dans le 10ème, le PS agit comme les nervis de l’UMP par un coup de balai.
Hormis la chasse aux pauvres il ne se passe rien, Delanoë voit son grand dessein, ériger des tours phalliques à Paris s’évanouir avec la crise, il ne lui reste plus rien, plus d’idée. Il doit faire des belotes aves ses adjoints.
Alors oui si vous voulez croiser Rémi Féraud notre bon maire du 10ème tout jeune comme il faut mais pratiquant déjà la politique comme un apparatchik de 60 ans, il suffit de vous poster sur le trottoir devant la mairie. Ainsi, rue du faubourg Saint Martin il suffit que vous attendiez que monsieur monte dans sa voiture de fonction avec chauffeur constamment garée sur le trottoir devant les marches de l’hôtel de ville. C’est bien connu, un élu ça a forcément un chauffeur, un élu socialiste plus qu’un autre. Faire de la politique avec les atours de la notabilité bedonnante des sénateurs c’est ça la vision du maire du 10ème. Et réjouissez vous il est surement là pour les 40 prochaines années, il ne sait rien faire d’autre que de grenouiller dans le marigot politique. N’a jamais bossé le garçon. Un professionnel de la politique. Un Dreyfus avec des cheveux voilà le pompon que nous avons décroché en mars 2008. Tendez l’oreille on entend les ronflements monter du 1er étage de la mairie.
Sinon oui je suis de bonne humeur !

mercredi 4 février 2009

Ma vie est passionnante

Ma vie étant passionnante, sensationnelle et en tout point enthousiasmante, je ne résiste pas à vous en faire partager les meilleurs moments.
Hier donc en rentrant de mon travail par le truchement de mon train quotidien, je me suis insidieusement et heureusement rappelé que nous n’avions plus de quoi petit déjeuner à la maison. Ni une ni deux je m’arrête donc au Naturalia du boulevard Magenta (pour les non parisiens le boulevard Magenta c’est juste à côté de chez moi et c’est un peu à gauche de la tour Eiffel).
Je passe un coup d’œil par la vitrine pour vérifier la non affluence à la caisse. En effet, il s’avère que le caissier de ce magasin a à peu près 2 de tension les jours où il a descendu un litre de café. Un mollusque quoi ! Mais comme nous sommes dans une épicerie bio personne ne dit rien car tout le monde est cool dans ce type de magasin et surtout pousser des grands soupirs d’exaspération devant la lenteur de l’encaissement vous conduiraient inévitablement à passer pour un productiviste, défenseur des cadences infernales.
Donc après m’être chargé d’un litre de lait bio pasteurisé au bain marie et passé à la micro passoire de lin, de 500 grammes de céréales juste dorés au four et d’un kilo de sucre non raffiné complet que c’est bon pour le transit, je me pointe à la caisse. Tout en attendant et contemplant les gâteaux secs à la farine d’épeautre, je fais un rapide calcul et me rends compte que je vais en avoir pour près de 10 euros… Mais là n’est pas le fin mot de l’histoire, je suis bobo, j’ai de l’argent, je vis à Paris, je veux du bio, du bon je suis donc le pigeon idéal, jusque là donc rien que de bien normal.
Non ce qui m‘a fait sortir de mes gonds (oui je sais je suis un peu vieille France), c’est que devant moi il y avait un jeune bobo, friqué pigeon tout comme moi qui exhibait un panier dans le lequel on pouvait trouver des courgettes, des tomates et des aubergines. Oh le con !! Venir dans une épicerie bio pour acheter des produits d’été cultivés sous serre en hiver ! Une fois parti, je n’ai pas hésité a en toucher de mots au caissier sur le fait que je trouvais un peu inadmissible de vendre ce type de produit dans un magasin dont l’enseigne se prévaut de vendre du bio dont le but premier est tout de même de ne pas trop abimer notre planète. Bon ça a fait bong dans sa tête, j’ai entendu la remarque que je lui soumettais tomber dans un puits sans fond… Et bien c’est tout rien d’autre, c’était la chute. Voilà c’est tout ! Passionnant…
Ah non, finalement ce n’est pas tout ; je lance ici un appel aux lecteurs de ce blog et notamment, peut être, à la personne qui habite juste en face de nos fenêtres au 3ème étage et qui peut être me lit. En fait les stores de votre cuisine sont peut être opacifiant pour la visibilité de front mais nous qui sommes en surplomb (on habite au 6ème) nous voyons parfaitement à l’intérieur de votre appartement. Donc je vous informe que depuis une semaine nous avons tout le loisir de vous voir chaque matin vous palucher devant votre ordinateur et vous filmer avec une webcam. Quelque peu déroutant de suivre ce spectacle au lever…