Alors oui bien sûr il faut
toujours revenir. Le corollaire des vacances c’est le travail. L’un ne va pas
sans l’autre. Il n’y aurait pas de vacances sans les heures passées au bureau
et dans les transports. Le problème c’est que les vacances passent toujours
plus vite que le temps que nous passons à attendre qu’elles arrivent ou à
regretter qu’elles soient passées. Les faux derches diront que rien ne vaut le
travail, je le leur laisse.
Une semaine à Oléron. Entre
lecture, merlu mayonnaise, tractage sur le marché du Château, bulots, balades
sur la plage, langoustines, journal, fish chips, balades sur la citadelle, rougets à la
tapenade, footing jusqu’au chenal d’Ors, huîtres, salon du livre et brocante.
Une semaine à faire faire des
devis, remplir un dossier de mariage, attendre la publication des bans,
revisiter la salle, se donner des idées de déco. Se dire que dans presque deux
mois c’est plié. La bague au doigt et tout ça.
Une semaine à Oléron c’est aussi
retrouver la famille, du moins une partie, l’autre restera sur Facetime avant
que nous soyons à nouveau réuni en juillet.
Je vous le confirme c’est la
pleine saison des asperges, des fraises et des patates nouvelles. Les
langoustines sont à 12 euros le kilo et la chocolatine est encore à moins de 1
euro, les joies de la province, les producteurs de légumes au marché et un
panier de la ménagère à la hauteur des salaires pratiqués.
Lire aussi des revues. Un livre.
Le dernier Houellebecq. Le premier de ma vie. J’avais un a priori très
fortement négatif. Peut-être plus lié au physique de l’écrivain qu’à son
écriture. Ce n’est finalement pas si mal. Horriblement cru. Je ne pensais pas.
Quelques belles trouvailles néanmoins. Le mec semble assez doué tout de même et
bien renseigné. C’est assez documenté et bien souvent ça tombe juste. Après les
âmes sensibles dont je suis peuvent parfois trouver cela à la limite de
l’illisible.
Se sentir écartelé entre Oléron
et Saint Ouen aussi. Sentir que l’on est d’ici mais que la vie est ailleurs. Se
prendre à rêver d’aller au travail en vélo en passant par les marais et oublier
le RER D. Se prendre à rêver d’une vie où le périphérique serait remplacé par
le viaduc et le marché de Saint Ouen par celui du Château. Les aubépines par
les roses trémières et la valériane. Et puis il faut bien arrêter de rêver. Et
rentrer. Le Château – Rochefort – Surgères – Niort – Poitiers – Châtellerault –
Tours – Blois – Orléans – Paris – Saint-Ouen. Six heures de route. Ce n’est pas
si loin finalement.
Joie grisante sur le retour de
passer la barrière de péage sans payer. Les gilets jaunes avaient pris d’assaut
Saint Arnoult. Du jaune, des fumigènes et des gendarmes mais surtout 23,170 euros
qui resteront dans nos poches et qui n’iront pas grossier le chiffre d’affaires
de Vinci Autoroutes. Drôle de pays tout de même. Drôle de pays qui conduit des
hommes et des femmes à sacrifier leur dimanche après-midi pour permettre à d’autres
de resquiller avec le sourire en se disant que finalement : « c’est
autant que ces cons de Vinci n’auront pas ».
En notre absence le gazon est
redevenu vert. Il a dû pleuvoir ici.
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