mardi 16 avril 2019

... Y'a la maison qui brûle...


Le temps joue à saute-mouton. Un jour du soleil. Un jour du gris. Un jour de la pluie. Un jour du froid. Un jour du chaud. On ne sait plus trop bien comment s’habiller. Couper le chauffage ou non. Fermer les volets ou pas. Pas encore la fin de l’hiver. Pas encore le début de l’été. C’est peut être ça que l’on appelle le printemps. Une saison où les arbres sont en fleurs, fragiles, et qu’une averse en quelques minutes vient gâcher. Tout le monde aime le printemps. Comme un renouveau après le froid, l’humidité et les jours courts. Je préfère l’été. C’est plus franc du collier comme saison. Le printemps est plus traitre, limite sournois.
Comme si une catastrophe n’arrivait jamais seule voilà qu’à chaque évènement Twitter se pare de ses plus belles plumes et que chacun essaie de trouver la bonne formulation, le bon dessin pour exprimer non pas ce qu’il ressent mais plutôt ce qu’il est convenable de ressentir, le tout enrubanné de « jolis » mots et de formules qui n’en sont que vaseuses.  
Notre Dame de Paris en a fait les frais. Avant y’avait Plantu qui donnait le top départ du mauvais goût. Maintenant y’a les dessins et les « pray for… » de Twitter. Il y a pourtant quelque chose de troublant à se dire que nombre d’entre nous ne verrons plus jamais la cathédrale telle qu’elle était ou alors d’en haut, ou d’en bas selon le point de vue sur la vie au-delà du trépas.
J’ai téléchargé une application sur les livres que je lis. C’est bien ça permet de faire des statistiques. Des listes. Bref de rationnaliser puisque nos jours sont comptés. Huit livres en janvier, cinq en février, trois en mars et pour l’instant deux en avril. Dix-huit en tout. Le rythme se réduit. J’ai lu 5 626 pages et il m’en reste donc 1 363 à lire si j’en crois l’application qui compte les pages des livres sur ma table de nuit.
Mon téléphone vient de biper. Une notification. 700 millions d’euros sont déjà collectés moins de 24 heures après le début de l’incendie pour reconstruire Notre Dame. 700 millions en quelques heures. Ça laisse rêveur sur ces grandes fortunes qui planquent leur argent bien au chaud et qui le lâchent au gré de leur bon vouloir. Ça laisse songeur sur les milliards qui échappent à tout contrôle. Gageons que tout cet argent engagé sera déductible des impôts de ceux qui nous en feront grâce. Belle campagne de communication qui ne coûtera quasiment rien à ceux qui se font fort d’être généreux avec notre argent.
Ne croyez pas que ça m’énerve en vrai je m’en fous. Un lot de consolation, car on n’en est pas moins humain, l’incendie nous aura épargné la poudre de Perlimpim que le ravi de la crèche n’aurait pas manqué de nous balancer à la figure. Et la poudre ça pique les yeux.


Rue des Rosiers - Saint Ouen

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