Le temps joue à saute-mouton. Un
jour du soleil. Un jour du gris. Un jour de la pluie. Un jour du froid. Un jour
du chaud. On ne sait plus trop bien comment s’habiller. Couper le chauffage ou
non. Fermer les volets ou pas. Pas encore la fin de l’hiver. Pas encore le
début de l’été. C’est peut être ça que l’on appelle le printemps. Une saison où
les arbres sont en fleurs, fragiles, et qu’une averse en quelques minutes vient
gâcher. Tout le monde aime le printemps. Comme un renouveau après le froid,
l’humidité et les jours courts. Je préfère l’été. C’est plus franc du collier
comme saison. Le printemps est plus traitre, limite sournois.
Comme si une catastrophe
n’arrivait jamais seule voilà qu’à chaque évènement Twitter se pare de ses plus
belles plumes et que chacun essaie de trouver la bonne formulation, le bon
dessin pour exprimer non pas ce qu’il ressent mais plutôt ce qu’il est
convenable de ressentir, le tout enrubanné de « jolis » mots et de
formules qui n’en sont que vaseuses.
Notre Dame de Paris en a fait les
frais. Avant y’avait Plantu qui donnait le top départ du mauvais goût. Maintenant
y’a les dessins et les « pray for… » de Twitter. Il y a pourtant quelque
chose de troublant à se dire que nombre d’entre nous ne verrons plus jamais la
cathédrale telle qu’elle était ou alors d’en haut, ou d’en bas selon le point
de vue sur la vie au-delà du trépas.
J’ai téléchargé une application
sur les livres que je lis. C’est bien ça permet de faire des statistiques. Des listes.
Bref de rationnaliser puisque nos jours sont comptés. Huit livres en janvier,
cinq en février, trois en mars et pour l’instant deux en avril. Dix-huit en
tout. Le rythme se réduit. J’ai lu 5 626 pages et il m’en reste donc
1 363 à lire si j’en crois l’application qui compte les pages des livres
sur ma table de nuit.
Mon téléphone vient de biper. Une
notification. 700 millions d’euros sont déjà collectés moins de 24 heures après
le début de l’incendie pour reconstruire Notre Dame. 700 millions en quelques
heures. Ça laisse rêveur sur ces grandes fortunes qui planquent leur argent
bien au chaud et qui le lâchent au gré de leur bon vouloir. Ça laisse songeur
sur les milliards qui échappent à tout contrôle. Gageons que tout cet argent
engagé sera déductible des impôts de ceux qui nous en feront grâce. Belle
campagne de communication qui ne coûtera quasiment rien à ceux qui se font fort
d’être généreux avec notre argent.
Ne croyez pas que ça m’énerve en
vrai je m’en fous. Un lot de consolation, car on n’en est pas moins humain,
l’incendie nous aura épargné la poudre de Perlimpim que le ravi de la crèche
n’aurait pas manqué de nous balancer à la figure. Et la poudre ça pique les
yeux.
![]() |
| Rue des Rosiers - Saint Ouen |

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire