Un week-end qui commence par un long trajet en voiture. 25 kilomètres… en 135 minutes. L’absurdité absolue. Des kilomètres de conducteurs comme moi. Coincés sur le bitume. Seuls dans leur habitacle d’une tonne, bloqués. Tous connectés à Waze pour gagner 3 minutes. Waze qui s’affole et change de parcours toutes les 5 minutes dès qu’un quartier pavillonnaire autrefois calme se transforme en dégueuloir à autoroutes. Absurdité. Se dire que définitivement il faut éviter le centre-ville d’Aubervilliers. Ça coince.
Une bonne soirée se termine
forcément à la crêperie. On a nos repères. Les lieux ont leur importance.
Chaque jour qui passe fait de
Saint Ouen une ville qui n’est plus tout à fait Saint Ouen. A la crêperie, à la
table derrière nous Aliénor la mère et Zéphyr et Balthazar les enfants (pour de
vrai), le papa n’a pas de nom mais il a la trentaine bedonnante sous son
t-shirt Zadig & Voltaire froissé comme il faut. Enfants qui font de la
trottinette dans la salle et qui cassent la vaisselle. La mère a peine gêné
d’être à la tête d’une horde de petits Attila, le père qui s’en fout royalement
et qui sirote sa bière brassée dans le Vexin sans gluten, sans houblon mais
avec des omega 3 dedans. Il s’agirait de ne pas brider l’inventivité de ces
deux adorables bouts de chou. S’en vouloir de jeter des regards noirs (sans
effet). Lutter pour ne pas devenir à 42 ans déjà un vieux con que l’on n’a
jamais voulu être mais que l’on devient presque malgré soi. Moi aussi je veux
être bienveillant. Souriant et détaché. Mais ceux que l’on a fui en passant du canal
Saint Martin à Saint Ouen semblent eux aussi avoir franchi le périph’, cette
barrière que l’on pensait naïvement infranchissable. Il va falloir s’y faire je
ne bougerai plus. Les bobos me passeront sur le corps. Je resterai là. J’attends
avec impatience que Stains soit aussi le nouveau Brooklyn et que ma ville ne
soit plus « tendance » comme ils disent, que les restos redeviennent
des restaurant du quartier et que les trottinettes trop chouettes aillent
s’égayer du côté de Sarcelles devenue hypra hype.
Samedi footing sur les quais.
Fendre la foule des badauds venus voir l’âme de la France partie en fumée. On
en connait le prix. Plus d’un milliard. Les échafaudages porteront peut être le
nom des généreux donateurs. Y’a pas de petits profits.
Samedi achat de livres. La
moisson ne fut pas fructueuse Joanny et Houellebecq seront de la partie. Je
vous dirai ce que j’en pense. Vous lirez ou pas.
Samedi récupération de mobilier
pour enfants transitant entre Oléron, Saint Ouen et Paris. Raison pour laquelle
j’ai pris la voiture vendredi. Pour trimballer le barda avec aisance. Retour
dans l’enfer automobile. Porte de Clignancourt. Porte de Bagnolet. Un quart de
tour. Un quart de Périph’. Vite la garer. Ne plus y toucher. Jusqu’à demain.
Samedi course. Pain traditionnel
pas trop cuit. Deux brochettes et deux saucisses. La saison des barbecues est
ouverte même si Météofrance semble vouloir la refermer dès demain. Passer à la
cave. Un vin bio. Passer au primeur. Brocolis, bananes, pommes, champignons,
patates, salade. Tout bio comme il faut. Repasser le Périph’ et se demander si
on ne serait pas un peu aussi ce bobo que l’on ne veut pas voir. Ne pas
répondre à la question. Trop compliqué.
Soirée tranquille. Film un peu
chiant. Livre excitant.
Dimanche à la campagne ou bien en
fin de ville on ne sait plus. Reprendre la voiture du coup puisqu’elle est là.
Retour dans les embouteillages. Un dimanche matin. Des lotissements. Un non
lieu comme on dit. Mais des vies. Et puis une jolie maison. Un air de vacances.
Des amis. Un brunch (saloperie de bobos encore) qui s’éternise. Une échappée
dans la forêt. Des arbres, des fleurs, un sous-bois. Un air de vacances bien
agréable, là juste là à Voisins le Bretonneux. Un bien bon moment. Rentrer en
voiture, louper la sortie. Fallait mettre Waze. Prendre le chemin des écoliers.
Clamart, Issy les Moulineaux et monter sur le Périph à Pont du Garigliano.
Demi-tour. Saint Ouen.
Dimanche soir pizza. Retrouver le
serveur que l’on croyait avoir démissionné. Mais qui se souvient encore des pizzas
que nous prenons et du vin que nous buvons. On commande donc les yeux fermés.
Magie du commerce de proximité.
Lundi matin. Un lundi qui
ressemble à un dimanche. Porridge. Vieux restes d’Ecosse. Aspirateur. Fini les
moutons. Caisse du chat. Foncer au cours de sport. Retrouver les badauds devant
Notre Dame. Ça n’en finit donc pas. Rentrer à 15H00. Œufs au plat. Reprendre le
ménage là où on l’avait laissé dans un coin des toilettes. Et puis jardiner un
peu. Tenter de sauver ce qui peut l’être. Maitriser la jungle mais pas trop.
Tout est sec. Depuis quand n’a-t-il pas vraiment plu. C’est peut-être nous qui
sommes sur le barbecue. La saison a déjà commencé mais n’est pas prête de se
terminer. Les mésanges sont prêtes à quitter le nid. Le chat est aux aguets.
Finir par un verre. Une bière
brassée comme il faut. Le long du canal (encore cette histoire de bobos qui ne
nous quitte plus). Une amie. Qu’on n’avait pas vu depuis longtemps. Un vrai
plaisir comme à chaque fois. Et comme à chaque fois se dire que l’on ne se voit
pas assez. Prendre une bière là-haut mais juste là pas trop en bas. Et regarder
plus bas les junkies se piquer. Comme si de rien n’était. Bière à 5 balles
contre dose bon marché qui va gagner. Chacun son trip. Mais surtout ne pas se
mélanger. Pourquoi faire. Un instant se rappeler Cyril Collard. Les nuits
fauves c’était ici. Et finalement rien ne semble avoir trop changé. Les bars
avec les lampions n’ont encore rien pu y faire. La marge est encore ici.
Rentrer vite. Se dire que Paris c’est
tout de même formidable. Un film. Un bon cette fois ci. Un week-end merveilleux
qui nous a presque fait sentir le goût des vacances.
Mardi, les mésanges ont quitté le
nid.
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| Jardin caché |
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| Jardin ouvert |
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| Canal renversé |



2 commentaires:
Nan mais ce week-end de bobo alors !!! :)
Un peu oui c'est vrai ;-)
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