mardi 8 octobre 2013

Petite phrase


Autant vous le dire je ne traine plus beaucoup sur mon blog. Je vadrouille beaucoup plus du côté des gazouillis émis par Twitter.

Plus réactif, suscitant des réactions immédiates, ce réseau social à quelque chose de grisant. Pourtant plus le temps passe et plus je me demande si ce dernier avec Facebook ne participe pas pour une large part à la médiocrité des débats politiques en France.

Il y a de cela encore 10 ans, nous avions droit à ce que l’on appelait « la petite phrase ». Pour les plus jeunes disons qu’il s’agissait d’une vacherie, saillie, ou tout autre balancée par un homme politique le dimanche sur une antenne de télé, de radio ou sur le JDD.

Cette petite phrase nourrissait le débat politique du lundi en faisant la une des journaux du lendemain et alimentait le débat politique pour toute la semaine. Jusqu’à la prochaine « petite phrase » du dimanche suivant. Et ainsi de suite.

Avec Twitter et Facebook, la petite phrase est devenue un exercice quotidien. C’est devenu un exercice de style dans lequel les hommes et femmes politiques se repaissent. Ainsi la « petite phrase » est devenue petit à petit « la pensée politique » à elle seule. Ce qui était un mot marquant devient l’essence de la pensée avec tout ce que cela suppose de raccourci, de manichéisme et de manipulation.

Et on en vient donc tous à commenter l’écume, l’accessoire et le négligeable. On s’indigne des propos racistes d’un tel, de l’insulte d’un autre, de la déclaration de l’autre. On s’empoigne et se déchire pour la galerie. En ne se rendant pas compte que c’est justement ce que recherche le rédacteur dudit tweet : faire du buzz (mot affreux que je déteste).

On ne prend pas le temps d’expliquer, de confronter, d’amender, de comprendre, d’étudier. De se poser et de tenter de démêler la complexité du Monde.

Et pendant ce temps là, le Front National avance ses pions. Pendant que l’on s’invective et que l’on réduit la pensée à zéro en se mettant au niveau des crétins du fond de la classe les successeurs des ligues fascistes arrivent à faire 40% dans une élection cantonale.

Je tremble à l’idée des résultats des prochaines municipales et plus encore des européennes à venir. Je tremble à l’évocation des compromissions qui ne manqueront pas de se produire à droite. Je tremble à l’idée des digues déjà très entamées par les Guéant, Sarkozy, Copé, Wauquiez, Fillon, Hortefeux, Morano qui ne manqueront pas de s’effondrer.

Je tremble.

3 commentaires:

Valérie de Haute Savoie a dit…

Twitter c'est rigolo, cela permet souvent de découvrir des articles ou des billets intéressants, mais depuis un certain temps, il est vrai que l'essentiel est du retweetage de petites phrases, avec la bonne conscience d'avoir fait un geste fort (je le sais, j'y ai participé) alors qu'en réalité cette façon de "militer" dans son fauteuil entre deux tweets anodins, n'amène souvent rien d'autre, qu'une rancoeur stérile.
Comme j'ai éliminé Candycrush de ma vie, j'hésite à le faire pour tweeter qui est terriblement chronophage. J'hésite, et ce que tu en dis me conforte dans cette envie.

Jérôme a dit…

Mais toi, tu cherches quand même à rehausser le débat qui gazouille, non?

mamilune a dit…

Moi aussi je tremble ....