vendredi 21 septembre 2012

Débandade ET vasectomie

Je l’ai déjà écrit il y a de cela quelques semaines et j’ai déclenché un mini tsunami (à l’échelle de ce blog confidentiel hein faut pas non plus pousser). J’avais osé dire que décidément les socialistes étaient bien égaux à eux même. Du genre le changement c’est maintenant mais trop vite, pas trop fort, pas trop loin et surtout pas trop de gauche. Je me suis fait engueuler. On m’a ainsi répondu que gnagnagna ça ne faisait que quelques mois que la nouvelle majorité était aux affaires qu’il fallait lui laisser du temps et que non il n’y avait pas de renoncement que ça allait venir qu’on allait voir ce qu’on allait voir que même ça allait peut être chier dans les ventilos.

Le moins que l’on puisse dire c’est que depuis cette date les reniements au contraire s’accélèrent. Du genre ? Et bien s’agissant des récépissés par exemple. Les socialos nous répondront que dans les propositions d’Hollande il n’y avait pas explicitement ce point dans le programme mais qu’il s’agissait de lutter plus généralement contre les contrôles au faciès… Du coup comment Valls souhaite mettre en œuvre cette promesse et bien tout simplement en imposant le « vouvoiement ». Oui oui vous avez bien lu. C’est bon, les socialos peuvent donc cocher la case en question. La lutte contre les contrôles au faciès est réglée.

Le retour de la TVA sociale. Vous savez le truc inique sous Sarkozy anti social, frein à la consommation des ménages… Le dispositif annulé en juillet en session extraordinaire du parlement. Et bien figurez vous que les cabinets de nos élus socialistes turbinent des méninges pour nous faire avaler une TVA que l’on appellera différemment mais qui devrait être calée exactement sur le même principe que la méchante TVA de Sarkozy. Si si si. Moi aussi depuis ce matin je me pince mais je ne me réveille pas.

Quoi d’autre ? Ah oui le droit de vote des étrangers non communautaire. Bien sûr les socialistes nous expliqueront qu’il s’agit d’une sortie de route de Valls. Mais pourquoi Le Foll lui a emboîté le pas ? Et pourquoi aucune date n’est encore fixée pour cette réforme pourtant si importante ? Pourquoi sinon que ces atermoiements annoncent là encore un renoncement. Renoncement sournois mais évident.

Et puis il y a l’affaire Charlie Hebdo. Un journal satirique déconneur, bouffeur de curés, foutraque et grossier. Que lui demande le gouvernement ? Et bien d’être responsable. Que la liberté d’expression c’est bien beau, c’est notre bien le plus précieux MAIS que les journalistes auraient du s’abstenir. Mais s’abstenir c’est déjà renoncer non ? La liberté d’expression n’a donc pas de limite mais elle en aurait et puis surtout elle serait imposée par le politique. Pourtant il me semblait que la seule limite c’était la justice qui en décidait.
Et quel paradoxe là encore de voir le gouvernement ergoter sur la liberté d’expression d’un journal tout en interdisant des manifestations de rue. Là encore le droit de manifester est justement un droit qui doit pouvoir s’exercer en toute circonstance.
Je suis pour les caricatures de Charlie mais je suis également pour les manifestations pacifiques de ceux qui sont contre. C’est la liberté un point c’est tout et c’est un tout non négociable. Mais ce gouvernement de mous du genou souhaite une France sans aspérité qui sent bon l’eau de Cologne et a la mèche bien peignée sur le côté.

Je passe vite fait (j’ai déjà écrit là-dessus la dernière fois mais ça m’énerve alors je recommence) sur les expulsions de Roms et la destruction des camps qui étaient avant mai 2012 un quasi crime contre l’humanité et qui sont aujourd’hui rien de moins que des mesures humanitaires. Le traité européen qui était une soumission à la politique libérale de l’Allemagne et qui maintenant serait le triomphe d’une politique sociale à la française. Les licenciements chez Peugeot qui étaient inadmissibles et qui quelques mois plus tard sont devenus inévitables.

Ce gouvernement est invertébré, n’a pas de ligne comme si depuis 10 ans d’opposition les socialistes n’avaient pas réfléchi, n’avaient pas anticipé l’exercice du pouvoir. Au-delà de la posture du Président normal et du Premier ministre qui ne serait pas un collaborateur il n’y a que du vide. Ne comptons pas sur le groupe PS à l’assemblée pour secouer le gouvernement. Les socialistes sont majoritaires à eux seuls. Le parti sera dirigé par Harlem Désir lui-même choisi par l’ectoplasme Hollande. Le groupe à l’Assemblée est dirigé par le fantomatique et inexistant Bruno Le Roux (ne vous demandez comment je le connais, tout simplement parce que c’était le candidat unique de la gauche rassemblée dans ma circonscription de Seine Saint Denis, sinon vous pensez bien que j’aurais été comme vous ignorant de son existence même).

J’ai détesté Sarkozy et tous ses sbires plus fachos encore que lui. J’ai détesté sa politique en faveur des riches, des privilégiés. J’ai détesté sa morgue et sa vulgarité. J’ai détesté son arrivisme, sa satisfaction de lui-même, sa fascination pour l’argent et les puissants. J’ai détesté sa suffisance et sa politique de coup d’épée dans l’eau. J’ai détesté sa politique de destruction du modèle social.
Mais je crois que je vais détester la mollesse, les reniements, les renoncements, la capitulation de ce gouvernement socialiste sur tous les sujets. Je regrette que les socialistes aient à eux seuls la majorité. Nous sommes partis pour cinq ans de rien. Et je déteste cette idée.

1 commentaire:

Jérôme a dit…

Soupir... mais ce n'est pas très surprenant... re-soupir